Je me retrouve seule, dans la salle de bain fermé à clef. Je stresse, une envie soudaine de pleurer arrive, de hurler, de me morfondre sur moi-même.
J'hésite... je le fais ou pas ? d'un côté je serai fixée, je m'inquiète peut-être pour rien.
Cela remonte à deux mois, lors d'une soirée plutôt bien arrosée. Ce fameux soir était en l'honneur de ma meilleure amie. Ça se passait chez un de ses cousins, dans sa grande maison que l'on aurait pu qualifier de villa.
Je me rappellerais toujours de l'accueil que l'on a eu ! son cousin était adorable. Je l'avais connu quelques mois plus tôt. On se voyait souvent, très souvent même, au lycée, au café, sur la plage...
La soirée était super, jusqu'à ce qu'on me fasse boire, boire et encore boire. Gorgée sur gorgée, verre sur verre, bouteille sur bouteille...
J'ai sympathisais avec un garçon, lui aussi était complètement bourré. On a beaucoup parlé, mais la suite, j'ai beaucoup de mal à m'en souvenir. La fête dura longtemps, elle s'est fini tard, au alentour de 8 heures du matin. Ma meilleure amie me ramena à la fin, mais je ne me souviens pas de cette fin. Tout ce que je me rappelle, c'est de m'être réveillée. Mais pas n'importe où... une chambre, une vaste chambre...
Une fois chez moi, mes parents se sont rendu compte que je n'étais pas très nette, je sentais l'alcool à plein nez. Ils trouvaient que j'avais de mauvaises fréquentations. Depuis ce jour, j'avais défense absolu de revoir ma meilleure amie. En dehors des cours, interdiction de sortir. Ses parents avaient été mis au courant de cette histoire. On ne se voyait plus qu'aux inter-cours, et encore. On se perdait de vue petit à petit, jusqu'à devenir de simples inconnues.
Bien sûr, le fait d'être interdite de sortie ne s'appliqua pas seulement à moi, mais également à ma s½ur, qui a tout juste un an de plus que moi, et qui n'avait pas assisté à cette soirée, car elle était malade.. Elle fut aussi privée car nos parents ne voulaient pas que ce problème se reproduise.
A part le début de la fête, je ne me rappelle de rien, comme si elle n'avait jamais était finie. Je ne me souvenais plus du lieu où cela s'était passé, ni le garçon que j'ai connue.
[Toc, toc, toc]
Sarah : eh, ça va? Alors ?
Moi : (ouvrant la porte qui nous séparait) je... je n'y arrive pas, je n'ai pas le courage...
Sarah : mais pourtant il le faut...
Moi : oui, je sais...
Elle repartit de la pièce, je m'assis sur le rebord de la baignoire, avec cette chose dans les mains...
Pour tout expliquer, ça fait deux mois que je n'ai plus mes règles, depuis cette fameuse soirée... à la place j'ai le droit au vomissement et aux nausées... au près de mes parents c'est passé en gastro, mais ma s½ur pense la même chose que moi, c'est la seule à être au courant, mais ce n'est peut-être rien à près tout...
Au bout d'un quart d'heure, je me décidai enfin à le faire, je tremblais... je le posai sur le tabouret près de moi. J'attendais... un plus... ou rien... Il fallait encore attendre. Après cinq minutes, je le pris dans la main, mais mon regard fixait le plafond. Impossible de regarder... pourtant mes yeux se dirigeaient en direction de ma main gauche.
Je vis... je vis un plus...
A ce moment même, le test percuta le sol, mes genoux également... je venais de m'écrouler à terre.
Toute ma vie s'effondra, je vis mes souvenirs défiler un à un dans ma tête, pour moi c'était comme la fin du monde... mes pensées se mélangèrent, tout devenait confus...
Enceinte à 17 ans, ce n'est pas possible... ça veut dire que... ce soir là... je l'avais fait... pour ma première fois... et je ne m'en souvenais même pas... et ce garçon... aucune idée de son identité, aucune...
Ma s½ur rentra dans la pièce avec un crayon noir à la main, elle voulait tout simplement une glace pour se maquiller, quand elle m'aperçu à terre. Elle accoura vers moi, paniquée. Elle vit que j'étais en pleure, et comprit très vite pourquoi. Elle m'aida à me relever, mes parents pouvaient arriver d'un moment à l'autre. Je m'assis sur mon lit, dos au mur, les jambes en tailleur. Sarah en fit autant. Le silence s'installa. Mes pensées de tout à l'heure s'étaient enfuis, mon esprit était vide, complètement vide.
Quand le silence fut enfin brisé, nous tentions désespérément de trouver une solution, mais aucune ne fit surface.
Quelques semaines passèrent, j'était maintenant à trois mois de grossesse. Mon ventre commençait légèrement à s'arrondir. Je ne portais à présent que de vêtements amples, de cette façon personne ne pouvait remarquer quelque chose. Mes parents ainsi que mes proches n'en savaient toujours rien, or-mi ma s½ur, qui elle me soutenait.
Je recommençais à sortir peu à peu, en dehors des cours, bien sur après avoir reçu une morale de plusieurs heures, et d'avoir promis une dizaine de fois que je ne recommencerais plus. Je me dirigeai lentement au centre ville. Celui-ci se trouvait à quelques rues de chez moi.
Quand soudain, ma vue baissa en un rien de temps, mes jambes refusaient d'aller plus loin, une nausée, encore une... je commençais à avoir l'habitude, mais là, elle n'était pas comme les précédentes. Je me senti tomber, je perdais peu à peu connaissance. Une nausée ? vraiment ?
Avant que mes genoux puissent atteindre le sol, deux mains me retenirent par la taille. Cela m'empêcha de tomber. Je n'eu le temps de me retourner pour savoir à qui elles appartenaient, que je tomba à la renverse, dans le pommes...